2012. Ça commence dans le caniveau.

By Anthony Hamelle on 1 août 2011 — 3 mins read

Après 5 années d’inactivité mon blog personnel – lancé en 2004 – reprend du service. L’ayant suspendu à quelques mois d’une échéance présidentielle majeure, sur un billet traitant de la relation PS-blogosphère, je me suis décidé à le relancer à quelques mois de celle de 2012 dans laquelle je jouerai, peut-être, un rôle modeste auprès d’un des candidats. Je partagerai donc ici les réflexions et analyses que la campagne de 2012 m’inspire. J’espère que vous apprécierez lire ce blog autant que moi y écrire !

La campagne électorale officielle de 2012 pour la Présidence de la République est encore loin mais pour ceux qui en doutaient encore la campagne réelle a commencé … dans le caniveau.

Le premier chapitre de cette campagne de caniveau est bien sur le plus volumineux, le plus retentissant : DSK. Tout a commencé à l’insu du candidat putatif avec la photo volée de DSK entrant dans une Porsche Panamera. Tout a explosé du fait du directeur général du FMI dont l’excessive libido se serait révélée – aux yeux de tous – être un comportement plus que condamnable, ne serait-ce que moralement, vis-à-vis des femmes.

Deuxième chapitre : Martine Aubry. À peine celle-ci eut-elle fait acte de candidature que plusieurs vieilles rumeurs sur un prétendu penchant pour l’alcool ou ses sympathies à l’égard de l’islam radical rejaillirent dans l’espace public, bien relayées en cela sur Twitter par quelques leaders d’opinion dont les sympathies pour la droite ne sont pas secrètes.

Dernier chapitre en date d’un manuscrit à peine entamé : Borloo et le FN. Un article publié sur L’Express.fr a rapidement enflammé le petit monde politico-médiatique – entraîné par sa courroie centrale qu’est devenue Twitter – en brandissant une interview que JLB aurait accordée à Minute en 1993 dans laquelle il aurait dit ne pas être hostile à une alliance avec le FN. En dépit du peu de crédibilité de Minute dans une démarche d’investigation qui s’attacherait ne serait-ce qu’à se donner une apparence crédible, et malgré les éclaircissements apportés par le mis en cause dans Libération, la polémique a rebondi en s’appuyant sur des détails mémoriels incohérents. La thèse des polémistes : comment diable Borloo aurait-il pu oublier qu’on lui avait parlé de cette improbable interview pendant quelques secondes dans le cadre d’une émission enregistrée en 2000 et nier en 2011 avoir jamais entendu parler de cette interview…

Je suis tout sauf naïf en la matière et ai d’ailleurs rappelé sur Netpolitique que tout le passé de chaque candidat allait être fouillé et chaque pièce gênante utilisée au moment opportun par ses adversaires. Celà étant, on peut choisir de confronter un candidat à son passé en deux endroits ; dans le caniveau en fouillant les petits recoins d’insignifiantes petites phrases ou d’interviews branlantes ; ou sur la place publique en allant chercher des déclarations politiques voire des actes et des faits qui éclaireraient l’être politique et pas seulement le paraître politicien.

Les exemples DSK, Aubry et Borloo l’illustrent sans détour, le travail de fouille et de déballage va d’abord se passer dans le caniveau. Pour ma part, je m’astreindrai alors à deux lignes de conduite dans cette campagne. La première, ne pas fermer les yeux et désamorcer les piques picrocholines envoyées par des polémistes de pacotille, de sorte à pouvoir donner le plus d’exposition possible aux propositions, idées et débats de fond. La deuxième, refuser de renifler les remugles du caniveau politique mais ne pas hésiter à aller chercher dans le passé des autres candidats des contrariétés de fond…

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  • « les piques picrocholines envoyées par des polémistes de pacotille » Ca commence dans le caniveau s’achève par une belle allitération.
    Les rumeurs sur Aubry couraient déjà pas mal avant sa déclaration de candidature, c’est elle qui les a vraiment mis sur le devant de la scène en mettant l’accent dessus. D’ailleurs elle a plutôt bien joué finalement, les proportions devenaient trop importantes, le risque d’aggraver temporairement la rumeur vaut la peine d’être pris. D’ailleurs les suggestions google lorsqu’on commence à saisir « aubry » montre qu’il y a du travail encore !

  • En effet les suggestions Google ne sont pas flatteuses… Gageons que les rumeurs que la campagne va remuer ne seront que rarement neuves, mais 2012 va donner l’occasion à certains de gratter sous la surface pour trouver de nouveaux angles ou simplement remettre au goût du jour ces bonnes vieilles rumeurs.

    Quant à Aubry, elle ne s’en sort pas trop mal en effet, pour l’instant…

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