Design. Politique mise en abîme.

By Anthony Hamelle on 18 septembre 2011 — 2 mins read

J’ai eu le plaisir de faire un saut à l’université d’été de L’Alliance Républicaine, Écologiste et Sociale (ARES) le week-end dernier à La Grande Motte – tout en profitant de cette escapade pour passer une belle soirée avec de la famille vivant près de Montpellier ; autant profiter d’un tel déplacement pour maintenir le lien familial…

J’ai pu tirer un premier enseignement de cette université d’été. Cela faisait quelques années que je n’avais pas eu l’occasion d’assister à un meeting politique. Je dois avouer avoir été frappé par l’immodestie de certains, notamment chez les jeunes militants, qui pensent par exemple pouvoir faire la part exacte des choses entre éducation, relevant des parents, et enseignement, relevant de l’école, sans avoir été confronté à la complexité et à la beauté pratiques de l’éducation et de l’instruction d’un enfant. Dit autrement, il est un peu naïf de prétendre avoir tout compris à la vie et au monde sans les avoir encore respectivement vécue et parcouru. Mais je devais certainement me comporter parfois ainsi il y a 10 ans…

L’université d’été de l’ARES m’aura rappelé qu’à côté des candidats, élus et porte-parole bouillonnent de très nombreuses énergies et volontés. Les quelques paroles très péremptoires de certains militants sur la société, la famille ou l’éducation et leurs nombreuses propositions m’ont conduit à penser que certains d’entre eux seraient inspirés de jeter un œil aux 10 lois de la simplicité de John Maeda. Cette lecture leur enseignera peut-être qu’il n’est ni utile ni souhaitable de vouloir empiler des machins et trucs (primes, organismes, médiateurs, etc.) pour changer le monde, mais qu’il convient parfois d’en simplifier l’organisation et l’ordonnancement.

C’est en quelque sorte la question du Design et de la Politique qui se découvre sous cette réflexion. Cela paraît presque incongru, fortement paradoxal. L’une est antique et consubstantielle des sociétés humaines tandis que l’autre sonne comme une cosmétique moderne. Que peuvent bien faire ensemble Politique et Design. On les voit se rencontrer lorsqu’il s’agit d’une campagne électorale et de messages à mettre en forme pour une bonne circulation dans l’espace public, mais leurs substances doivent-elles se rencontrer ? La campagne de 2008 de Barack Obama est réputée avoir poussé à l’extrême le sentiment d’appartenance de ses militants au sein d’un mouvement en organisant et canalisant leur participation. Le design de la campagne, dans sa forme esthétique ainsi que dans son organisation, aura été clé dans son succès. Mais plus important que la forme pure de la campagne, c’est la rencontre entre forme et fond qui aura été l’élément déterminant. C’est parce que les messages développés par le candidat auront été mis en abîme dans le cadre formel de la campagne (identité visuelle, plateformes web, publicités, etc.) que la réussite aura été possible. C’est donc cela Design et Politique, une mise en évidence de la substance par sa forme.

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Enseignant / Teacher, Sciences Po Paris, American University of Paris.
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